A 26 ans, Arthur quitte tout pour faire des sacs en bois. Avec son petit frère et sa petite sœur baroudeurs, ils se lancent un challenge : créer Noüne. Engagé et perfectionniste, Arthur ne renoncera pas à ses valeurs. Parcours d’un jeune ambitieux.

Opéra de Bastille, fin de journée. Arthur et sa petite sœur Nina, arrivent le sourire aux lèvres. Une fois installés dans un bar de la place, Arthur a la tchatche. Il pose beaucoup de questions, s’intéresse à tout, est très enthousiaste. Après sa première gorgée de Bordeaux AOP, le jeune parisien, originaire d’Essonne, commence à raconter. Pourquoi a-t-il décidé de plaquer son poste de responsable marketing pour des produits ménagers pour créer une marque de sac en bois ? “Je sortais d’une école de commerce où je passais ma vie sur des ordinateurs. Puis, j’ai commencé un poste de chargé de marketing, intéressant, mais qui avait peu de sens pour moi. Je ne m’y retrouvais pas”, dit-il les yeux au ciel.

L’idée de Noüne vient de son petit frère Thomas, l’ingénieur. Pour les 20 ans de leur soeur cadette, Nina, il lui offre un sac en bois qu’il a lui-même élaboré. Ce sac a plu à toute la famille. Avec Nina et son parcours en sciences politiques, Thomas et son parcours d’ingénieur, puis Arthur, le grand frère commercial, la fratrie avait toutes les qualités requises pour aller plus loin dans le projet. Derrière ses lunettes carrées, il explique que la création de son entreprise engagée était une évidence : “J’ai appris beaucoup de choses dans mon précédent job, mais j’ai décidé de le quitter pour travailler à temps plein pour notre nouvelle marque.”

Arthur avoue ne pas être un expert en mode féminine.

Créateur de sac en bois, ça ne s’invente pas. Il a donc fallu trouver un atelier, des fournisseurs, penser à un plan de communication, etc. C’est à Ivry qu’il trouve l’atelier miracle. « Ça s ‘appelle TechShop, c’est un atelier collaboratif créé par Leroy Merlin. Une sorte de pépinière. » Là bas, il a commencé des formations à des prix raisonnables où il était libre d’utiliser les machines qu’il voulait : « avec ces machines je peux découper le bois et le cuir, percer, graver, marquer. J’ai vraiment l’impression de faire quelque chose de mes mains ». Arthur embarque ses premiers modèles avec lui au Chili pour les montrer à son frère Thomas, toujours aux quatre coins du monde. Nina aussi était de la partie « c’était des vacances, mais aussi le bon moment pour discuter, prendre des photos, et pour mettre en place notre campagne de crowdfounding. » L’été chilien est passé, et la campagne s’accélère. L’objectif ? Finir la campagne fin octobre 2016 pour lancer la production au plus vite et livrer les 100 premiers modèles pour Noël. « On voulait mettre toutes les chances de notre côté » : vidéo promotionnelle, photos de qualité, la petite équipe a voulu s’accompagner de professionnels de la mode avec une véritable touche artistique. Arthur avoue ne pas être un expert en mode féminine. Être bien accompagné pour créer un univers adapté au marché, c’est quelque chose d’important.

Tout en rondeur, fin et travaillé dans le détail, le sac Noüne est élégant.

La campagne est alors lancée : « c’était stressant, il fallait atteindre les 100 précommandes pour valider le crowdfounding ». Fin octobre, et grâce au bouche à oreille, la campagne a été validée. Il fallait ensuite préparer les sacs et les envoyer à temps pour qu’ils arrivent sous le sapin de leurs premiers clients. Pari réussi.

Tout en rondeur, fin et travaillé dans le détail, le sac Noüne est élégant. Mais pour Arthur, un joli accessoire ne suffit pas. Il veut faire de Noüne une marque engagée. L’important n’est pas simplement de vendre des sacs, mais de créer un univers solidaire autour du projet : “Dans mon ancien taf les produits étaient plutôt mauvais pour l’environnement.” Donc, pour chaque sac acheté, un arbre est planté grâce à leur collaboration avec Reforest’Action. Outre la facette environnementale et des modèles 100% vegan, s’ajoutent des valeurs sociales. Aujourd’hui, Noüne travaille avec l’ESAT, une institution sociale de travailleurs handicapés pour le ponçage, l’assemblage et le vernissage des sacs.

« Noüne », c’est le surnom de Nina depuis qu’elle est toute petite. Est-ce qu’on ne se chamaille pas quand on bosse entre frères et soeur ? « La plus grande peur de nos parents c’est qu’on se prenne la tête. » Mais Arthur explique que le plus important, c’est de créer des bases solides, d’essayer de séparer le côté professionnel du personnel et de s’amuser. « Tout seul, je ne sais pas si j’aurais tenu le projet » confit Arthur devant le regard encore enfantin de sa petite sœur.

« Notre passion commune pour le voyage fait notre force »

Avec un E-shop lancé en avril dernier, Noüne commence à se faire une place. Recruter ? Trouver des locaux ? « On y pense tout le temps, mais ce n’est pas si facile et rapide que ça de faire fonctionner une start-up ». En attendant de grandir encore plus, Noüne propose des collections capsules, très souvent inspirées de leurs précédents voyages. Pour l’été 2017, ils mélangent le bois et la wax. « Notre passion commune pour le voyage fait notre force ».

@GabriellaPaulet


La question Fler : De qui ferais-tu le portrait ?

“Ça peut paraître démodé, mais j’aimerais faire le portrait de Gérard Depardieu. Un grand personnage !”

 


Le quart d’heure musical d’Arthur :


En savoir plus :

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Crédit photo : Juliette Paulet

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